À force de lire les récits d’accouchements assistés à domicile (AAD) m’est venue la force d’écrire mon accouchement… Mon accouchement médicalisé… Ma boucherie… Ça m’a fait du bien… Je l’ai écrit au départ pour mon fils, pour lui raconter sa naissance. Je lui parle à lui… Mais au fil des lignes, j’ai eu besoin de rajouter tous les détails… Ceux que je ne souhaite pas lui faire lire… J’ai donc changé de destinataire en cours de route… C’est à  vous que je parle, mamans d’aujourd’hui, mamans de demain, mamans naturelles, mamans d’amour. Merci à celles qui auront le courage de me lire.

Aujourd’hui, tu as presque 19 mois… 19 mois se sont écoulés depuis ta naissance, que je n’ai jamais pris le temps de raconter à personne. Et oui ! c’est beaucoup de temps, mais on a vécu tellement de choses. Et puis, encore aujourd’hui, il y a beaucoup de zones floues dans ma tête. Alors, je ne vais peut-être pas te raconter ta naissance dans les détails, mais je vais te la raconter comme moi je l’ai vécue. Comme moi, je m’en rappelle.

 Nous sommes le 15 octobre 2018

Quelqu’un vient pour nous changer les fenêtres. Nous voulons que tout soit parfait pour ta venue et qu’il y ait du double vitrage et donc de la chaleur pour que tu sois bien au chaud pendant l’hiver. Il était déjà venu quelques mois avant pour une grande partie de l’appartement. Moi comme à mon habitude,  je suis couchée dans le canapé et je regarde la TV en attendant que ton père rentre. Je profite de ces derniers instants avec toi dans mon bidon. De tes derniers coups. 

Depuis 3 semaines, je me lève chaque matin en me demandant si c’est le jour J. Ensuite je vais balader Ice. Il fait très beau. D’ailleurs, il a fait extrêmement beau pour un mois d’octobre cette année là. Le soleil a attendu ta venue au monde pour nous quitter. Je suis partie accoucher en t-shirt et short en pleine nuit, et je suis rentrée à la maison avec un gros manteau. Bref, cette journée-là était comme les autres. Pas de contraction et toi qui bougeais dans mon bidon. Enfin, pas tant que ça finalement…. si peu que quand ton père est rentré, je suis allée à la maternité voir si tout allait bien. Arrivée là-bas, tout va bien, comme d’habitude. Mais la sage-femme me dit que tu risques d’arriver très vite. Je suis très heureuse de cette nouvelle et je rentre à la maison.

Nous sommes le 17 octobre 2018

Beaucoup de tiraillements pendant la balade de Ice. Je parle à marraine Mélanie, on est d’accord pour dire que ce ne sont pas des contractions. Toujours tes mouvements à apprécier. Quand ton père rentre, nous allons faire les courses. Je lui dis qu’on ne va pas faire de trop grosses courses car il se peut que tu arrives et que tout reste à la maison. Je ne croyais pas si bien dire… d’ailleurs, je sens pas mal de tiraillements de nouveau. Marcher devient dur.

Je me couche le soir en me disant ce n’est toujours pas pour tout de suite…

Nous sommes le 18 octobre 2018, Jour J

2h : je me réveille, j’ai encore envie de faire pipi. Mais une fois levée, je sens que ça coule plus que d’habitude. Je me demande si je n’ai pas fissuré la poche des eaux... je fais ce fameux test et ça coule encore. Je n’ose croire et je re test encore mouillée… bon ben allons réveiller papa. Lui très zen me demande si je suis sûre, je re-teste devant lui. On est ok pour se dire d’aller à la maternité. Jusque là, je m’étais toujours dit que ce n’était pas le bon moment et quand je partais, j’y allais seule et sans valise. Là, ce matin-là, je savais. Le doute sur la fissure persistait mais je savais que c’était le jour de notre rencontre

Sans aucun stress car depuis le tout début l’idée de l’accouchement me met en joie. Et donc je dis à papa de finaliser les valises avec les objets de dernières minutes listés sur le frigo pendant que moi, je me prépare et prend une bonne douche. Me disant que la c’était le dernier moment calme avant la tempête émotionnelle qui allait arriver. On se prépare, papa fait une petite vidéo avant de passer la porte. Bonne idée pour le souvenir mais moi, en vrai, j’ai envie de partir. Et vite. Arrivé au garage avec tout l’attirail, papa remarque qu’il a oublié les clés et me laisse l’attendre. Et c’est seulement là que j’ai ma première vraie contraction. Ouille, c’est ça alors… bon, on va y arriver, on s’y est préparés. C’est donc avec joie que je l’accueille en me disant que mon instinct ne me trompait pas… tu t’apprêtes à nous rejoindre. Papa arrive, je lui annonce la contraction. On se met en route. Dans la voiture, 4 ou 5 autres contractions arrivent. Aie je commence à avoir peur…. vais-je arriver à te mettre au monde sans péri ?? C’est mon souhait le plus cher mais qu’est-ce que ça fait mal…. j’en parle à papa… il me remotive. Je crois en nous.

2h45 on arrive à la maternité. 

Il faut passer par l’entrée des pompiers car c’est la nuit. Papa sonne pour qu’on nous ouvre : « ma femme est en train d’accoucher » je rigole… non chéri c’est pas de suite non plus je suis en travail mais j’accouche pas… on arrive au urgence les SF nous accueillent et ont l’air surprise… effectivement j’ai le sourire. Je suis heureuse de ce qui va suivre. Elles s’attendaient à avoir une maman en crise avec un bébé sur le point de naître vu ce que ton père a dit. Elle me mettent en salle de monito pour voir ce qu’il en est… et la première surprise pas de fissure…. mais qu’est-ce que c’était tout ce liquide ?? Mais bon je ne démords pas je vais accoucher aujourd’hui c’est sûr. Elle ben c’est le doute alors hop monito… pendant 45 minutes je suis là, allongée, à me tendre comme je peux à chaque contraction… bordel, ce que ça fait mal… je verbalise ma peur de ne pas y arriver, papa me remotive…

Une SF arrive, au vu des contraction, oui, c’est bien le jour J. Contrôle du col : je suis à 5.

Victoire, je ne m’étais pas trompée. Une petite voix en moi me dit que j’ai un super instinct n’empêche car avant même la première contraction je savais que j’allais accoucher et ce n’était pas la perte de liquide qui me le disait vu que finalement ce n’était pas une fissure

Là je me relève et OUILLE une autre bien plus violente, la sage-femme est là. Elle connaît mon souhait de respecter la physiologie de la naissance et m’aide à la gérer en soufflant… Elle sera malheureusement la seule en croire en ma capacité à enfanter sans médicalisation… si elle avait été avec moi tout le long, je suis sûre que les choses ne se seraient pas passées ainsi

On me dit que si je ne veux pas de péri, on me monte en chambre… erreur de ma part, j’oublie de réclamer la salle physio…. et si j’y avais été les choses se seraient-elles déroulées autrement ?

4h ?? J’ai perdu la notion du temps

On m’accompagne dans la chambre où je retournerai ensuite une fois mon koala avec nous…. je me dis “mais mince si hurle je vais réveiller les maman et leurs bébés moi”… une petite voix me dit tais-toi alors….

Je suis devant le bureau des SF et là je crois que je vais vomir… mais non, fausse alerte mais vu ma tête, papa et les SF insistent pour me donner un haricot…. ah ben oui bonne idée, finalement, je me vide… une SF qui avait déjà ridiculisé mes sensations de contractions à mon arrivée en me disant que vu ma tête je n’étais pas en travail me dit ah ben voilà une vraie contraction et elle vomit… alors merci de parler de moi à côté de moi et merci de me faire comprendre que je ne sais pas gérer ce qui m’arrive…

J’arrive dans ma chambre. Un ballon a été installé. Je demande à papa de partir à la voiture chercher les affaires… erreur encore une fois… je me retrouve seule avec mes contractions de plus en plus intenses et de plus en plus rapprochées… je me déshabille et file sous la douche. L’eau m’apaise mais ça ne suffit pas… (et dire que si j’avais réclamé la salle physio, j’aurais eu un bain… aurais-je pu avoir mon accouchement rêvé dans ce cas ?? Aurais-je craqué quand même ??).

A partir de ce moment-là, je perds pied. L’eau ne sert plus à rien et je m’effondre nue sous la douchette et seule…. je ne suis que douleur. Je croyais que les contractions étaient censées faire des vagues.. venir et partir… ben non moi j’ai l’impression de n’avoir qu’une seule et unique contraction qui ne s’arrête plus. Je n’ai aucun répit pour reprendre confiance en moi. Seule, je ne gère plus rien

Papa arrive et me voit ainsi, je le supplie d’appeler une SF... Je me dis, ben ma fille ça fait 5 minutes que tu es en travail, tu ne gères déjà plus…

La SF arrive et me demande de me coucher pour m’ausculter… ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends que depuis le début de mon accouchement on ne m’a jamais aidée à adopter une bonne posture pour gérer la douleur… je n’ai été que allongée alors forcément… Bref, elle regarde mon col… il y a 15 minutes j’étais à 5 là je suis à 7… mais elle me dira la phrase qui va faire tout basculer…. malgré ma sensation de contraction constante, selon elle, je n’avais pas de contractions… PARDON ?? Si là, je ne contracte pas, qu’est ce que je ressens alors ?? Je ne tiendrai pas… pendant combien de temps encore vais-je subir cette douleur ingérable ?? Papa est perdu, il ne sait pas comment se positionner… est-ce qu’il doit me rebooster et me dire que si je suis à 7 soit 2 cm de plus en 15 minutes je devrais arriver très vite à la fin ?? Ou est-ce qu’il doit écouter mes supplications (phase de désespérance bonjour…) pour avoir la péri… il lâche l’affaire et me pousse à prendre la péri…. Et si cette SF, qui au lieu de me faire paniquer et pousser à prendre la péri, m’avait plutôt soutenue ?? Et si ton père n’avait pas écouté mes complaintes… les choses se seraient-elles déroulées autrement ?? Je n’en veux pas a ton père, il a écouté son coeur

De là notre super aventure et mon rêve d’accouchement physiologique s’effondre….

Je suis nue sur le lit, on me dit de me rhabiller pour aller en salle naissance et avoir ENFIN la péri… ouais, enfin remettre mon short dans de pareilles souffrances, c’est une torture, seul ton père m’aidera… je m’assois sur le fauteuil roulant et taisant mes hurlements…

4h30 ??

Selon papa, c’est l’heure qu’il était : on arrive dans le couloir des naissances. Papa doit prendre le temps de mettre blouse et surchaussure… je crie « on est obligés de l’attendre ! » non, on fonce en salle…

Petite anecdote : personne n’a dit à papa où on se trouvait, il a eu peur d’entrer dans une salle avec une autre mère les jambes écartées

En salle on me demande de me re déshabiller… bordel mais j’ai déjà bien galéré à me mettre ce short il y a 5 minutes que je dois déjà l’enlever à nouveau… et sans aide cette fois, je hurle de douleur appelle au secours, qu’on me sauve de cet enfer

On me couche, une SF s’applique à me piquer la main pour une perf.

Autre anecdote : j’avais un très mauvais souvenir des piques à cet endroit et la voir arriver avec une aiguille ici m’a fait peur de la douleur… je rigole en moi même. Et ma fille tu subis les pires tortures de l’univers dans ton ventre et tu t’inquiètes pour une piqûre à la main

Pendant ce temps, une autre SF me demande de retirer mes bijoux… mince, mon collier, j’ai oublié… mais bordel c’est encore seule et avec une perf à la main et une contraction éternelle que je dois enlever ce maudit collier….

Je supplie pour la péri rapide... « écoutez madame on doit faire plein de choses avant... » youpi… mais grouillez-vous bordel, crie la petite voix….

Papa arrive. Je sens que ça pousse, je le hurle, ça pousse… on m’ausculte ah ben non rien madame… deux secondes après, la poche se perce… je regrette de pas lui avoir explosé la poche en pleine tronche à celle-la…

Quitte à regarder, on m’ausculte le col, je suis à 8… encore 1 cm en 30 minutes… purée mais avec le recul un travail si rapide en position allongée… si je n’avais pas craqué et avais été bien accompagnée et avec une bonne position, mon koala aurait été là bien plus tôt… et sans tout ce qui va suivre…

4h45

(je ne précise plus que je n’ai plus une seule idée de l’heure qu’il est) 

L’anesthésiste est là et me met en position. Papa est prié de sortir. Une SF face a moi je n’oublierai pas ce regard au dessus de ce masque. Elle aussi était si gentille…. elle me tient les mains pendant que j’attends mon sauvetage. Je me calme… c’est la seule fois ou je reprends du calme depuis que je suis en contraction constante… son regard plein de compassion m’apaise.

Mais bon, purée, qu’est-ce que j’ai mal….

Et là, l’assistante de l’anesthésiste me demande de la prévenir des contractions avant de piquer pour la première injection… en mon fort intérieur je cris « mais t’es au courant que j’ai tout le temps une contraction ?? Tu le sais qu’à la base je ne voulais même pas la voir ta tronche ?? Alors ma contractions elle est la que tu piques ou pas alors GROUILLE » mais je me contente d’un gentil « je sais pas j’ai toujours mal« . Mais bon elle l’a mal pris, j’ai pas dû être si gentille. D’ailleurs elle se venge grâce à un « et oh vous savez que la péri c’est même pas obligatoire hein alors on se calme » et petite voix et là « ah bon tiens c’est con je savais pas je la croyais obligatoire moi la péri grrr« . 

L’anesthésiste prend le relais et la délivrance est là. Ca y est on me pose la péri… les yeux de la SF toujours dans les miens ses mains que je broie dans les miennes

Papa revient.

Je vais déjà mieux… il me regarde avec la peur de me voir triste vue la tournure des choses… le soulagement de la douleur parle à ma place : « je suis même pas déçue« , lui dis-je avec un sourire…

Il est peut-être 5h30

Et là je me rend compte qu’il y a un black-out : mes souvenirs de cette journée suivent à 7h… je ne donnerai donc plus d’heures à partir de là, mes souvenirs étant trop flous

7h

Je me suis calmée, j’ai repris mes esprits, je demande a papa de téléphoner à papi et mémé pour qu’ils aillent chercher Ice, notre chien resté seul à la maison. La SF qui va m’accoucher se présente. Elle a l’air si douce si gentille. Elle comprend ma décision et me rassure. Elle me présente sa stagiaire et me demande si j’accepte qu’elle assiste à la naissance. Oui pas de problème. Aider à se former n’est pas un souci pour moi. Je regarde la stagiaire et oh ?? Ses yeux… c’était donc tes mains que j’ai broyées ?? Alors 1000 fois oui reste avec moi... elle vient discuter, je lui demande en quelle année elle est… sa dernière. Je suis heureuse pour elle.

On m’ausculte, je suis a 9… déçue… normal, me dit-on, la péri ralentit le travail… d’ailleurs la péri, j’avais decidé de ne pas y toucher. Ne pas mettre de dose supplémentaire. Ben oui à la base, il devait même pas y en avoir.

On demande si papa peut assister à ta sortie et te réceptionner a la place de la SF. Pas de soucis. Je suis heureuse pour lui.

On me laisse me reposer… j’ai les jambes qui sont prises de tremblements incontrôlables…. j’appelle la SF cest normal c’est le contrecoups. Ok. On me demande si la péri est bien repartie dans mes jambes? Non, tiens, c’est vrai, je sens plus à droite qu’à gauche… pas grave mais on surveille…

On me laisse à nouveau… les contractions sont encore là mais en sourdine. J’écoute ton coeur au monito ça m’apaise. Je sens de plus en plus les contractions. Mais sans douleur, je souris. Finalement je sentirai ptet ta naissance koala… je me suis bien trompée…

Papa appelle son frère à ma demande. Il ne lui avait toujours pas annoncé qu’on souhaitait qu’il soit ton parrain. Je refusais d’accoucher tant que ça n’était pas fait. Ouf.

Les SF passent, me demandent comment je me sens… peri toujours plus d’un côté que de l’autre.

On me met sur le côté gauche… je croyais que c’était pour répartir le produit… je pense désormais qu’elle voyais déjà ce que je n’avais pas vu… ton coeur ralentissait mon ange… les contractions aussi…

La SF passe de nouveau. Je ressens fort les contractions. J’ai peur de replonger… Peut-être pour ça que je n’avais pas remarqué que ça stagnait. Je les sentais. Mais ma vision erronée du temps m’a empêchée de me rendre compte de leurs raretés…

On me demande si j’accepte qu’un gynéco assiste aussi à l’accouchement. Une seule question dans mon esprit. POURQUOI ??!?! Je me souviens que si un gynéco est là c’est pas pour rien, il y a un souci et on ne me le dit pas…

Non non, ne vous inquiétez pas c’est juste qu’il vient des urgences hors maternité et il doit assister à certains accouchements pour la formation continue. Bon ben oui, venez je m’en fiche…

Ce furent mes derniers instant de répit avant la panique….

10h15, ça je m’en souviens….

On contrôle le col… dilatation complète. Victoire… dans 2h maximum tu es là. Tu naitras avant 12h.

On me laisse… mais deux secondes plus tard… (dans ma tête en vrai ptet plus)

Toute une équipe débarque dans la chambre… je panique, qu’est ce qu’il se passe ??? Madame votre bébé est en bradycardie… il est en souffrance, il faut le sortir et vite.

Je panique… Durant toute la grossesse, je craignais qu’un moment pareil arrive… n’ayant aucune confiance en mon destin, me croyant condamnée à la perte de mon enfant, mes pires craintes se concrétisent…

Une gynéco arrive. Je panique, je crie à qui veut l’entendre mes peur… mon bébé va-t-il survivre ?? Est-il toujours en vie ?? Personne ne répond… tout le monde s’active… où est ma super stagiaire au regard si apaisant ?? Ma SF qui était là depuis le début et la seule à me comprendre. Elle me dit que si bébé sort vite tout ira bien, mais il faut y aller…

Ca ne fait qu’un tour dans ma tête. Je cris a papa de mettre une dose de péri… je ne veux pas sentir ce qui va arriver… mon instinct encore une fois ne me trahit pas… ça aura été la plus sage des décisions…

J’entends la gynéco demander les ventouses… je n’aurai même pas la chance d’essayer de le sortir seule… on me dit de pousser le plus fort que je peux. On me prend les jambes et me dit de les prendre par derrière… chose qui est contre productive selon mes cours de prépa mais bon je ne suis plus à ça prêt, je veux juste que bébé sorte… je fais ce qu’on me dit, allez hop, je pousse le plus fort que je peux en hurlant… non, pas de douleur mais de rage, je dois y arriver pour te sauver la vie…

On me crie d’arrêter. J’entends la gynéco grommeler quelque chose… et un bruit métallique. On m’apprendra plus tard que la ventouse a sauté, elle a pris les forceps… merci péri, je n’ai rien senti je me dis aujourd’hui avec joie.

On y retourne je repousse, je recrie… bébé est là. Merci péri, je me dis aujourd’hui avec une immense tristesse

Je ne me souviens pas de son cri… selon papa, il a de suite pleuré… black out, je ne m’en souviens pas… encore avec immense tristesse…

On me le pose sur le bidon… on ne voulait pas savoir son sexe avant la naissance… avant que nous décidions de le découvrir. L’équipe le sait… mais on me pose mon bébé sur le bidon en expliquant que vue la naissance instrumentalisé il doit être emmené pour contrôle

Je relève donc la tête pour le voir. Dans mes souvenirs, je n’ai rien vu d’autre que son dos ses fesses et ses jambes écartées. On me dit que c’est un garçon…. encore une déception, je n’aurai pas eu la joie de le découvrir dans le calme. On m’aura décidément tout retiré de mon accouchement de rêve…

A l’époque, je vis ça normalement.. je ne vois même pas mon fils ni même un bébé mais juste un truc rouge et gluant… merci le shoot des hormones…

On part avec mon fils. Je regarde papa qui pleure et lui demande de le suivre. Je le supplie de le suivre. « Qu’importe ce qu’il m’arrive même si je meurs, tu suis ton bébé, ne le laisse pas seul » c’est ce qu’on se disait à l’époque. Pas besoin de le lui dire, il était déjà en train de partir… il a lu dans mes pensées. Ne le laisse pas seul...

Je reste seule dans cette salle froide recouverte d’un drap... enfin il reste la gynéco qui s’occupe de mon vagin… elle fait je ne sais quoi d’ailleurs… je comprendrai plus tard qu’elle recoud l’épisiotomie4 points dehors 5 dedans… ce sera ce qui fera ma plus grosse douleur 12 mois encore plus tard

Le placenta va sortir, me dit-elle… je demande si je doit pousser… petite voix me dit plutôt : « puis-je pousser, puis-je seulement pousser une fois seule sans qu’on m’aide et dans le calme » si ce n’est pas mon fils que je fais sortir de la sorte, au moins le placenta…

J’entends un pleur de bébé au loin… je demande à la SF ete la et que je n’avais pas remarqué « c’est mon fils?? » Oui c’est le seul à être né à cette heure, me dit-on… mais est-ce qu’il va bien ? Et quelle heure il est au fait ??

Oui, il va très bien, dit-elle… c’est pour ca que je ne l’avais pas remarqué…. elle aussi a suivi mon fils… il pèse 3.635kg et mesure 50.5cm… il est né à 10h23. 3 minutes après l’arrivée de l’équipe. Sur le coup, je suis heureuse… après coup, j’aurais dû dire : “je m’en fiche je veux le voir…

Je tremble de nouveau des jambes… pendant qu’on me recoud super…. c’est le contrecoup…

Papa arrive… Logan dans les bras. Il me le donne les yeux rempli de larmes. Je le prends et enfin le truc rouge et gluant avec une paire de testicule laisse place à mon fils.

Une SF m’aide à le mettre au sein. 2h plus tard, je remonte dans ma chambre…

Pour la petite histoire supplémentaire, les points de l’épisio ont été si serrés que je passe ma première nuit de maman en pleurs de douleurs… les 2 premières semaine de ma vie de maman allongée incapable de marcher sans avoir mal… je n’ai pas pu prendre soin de mon fils en dehors des tétées avant ses 2 semaines… même si avant je le faisais par plaisir mais épisodiquement tellement la douleur était forte…

Les rapports sexuels ont été d’une telle douleur que le premier rapport sans mal a eu lieu à ses 14 mois… après 2 manip ostéo… mon couple en a pâti mais tout va mieux maintenant….

Avec le recul je me rends compte que tellement de choses m’ont privée de cet accouchement physio… l’accompagnement médicalisé dès le départ, le fait de ne pas avoir la salle physio, le fait qu’on me mette si souvent couchée. Je me dis également aujourd’hui que si je n’avais pas pris cette fichu péri, mon fils serait né bien plus vite et n’aurait pas eu cette naissance si violente pour lui et moi. Qu’il n’aurait eu aucune complication…

C’est pourquoi aujourd’hui, je suis sur un groupe à lire des AAD… je ne suis pas en projet actif du deuxième bébé mais bien résolue à éviter tout ce que j’ai fait subir à mon fils pour ce futur deuxième.  

***

Qu’elle que soit la manière dont vous avez prévu d’accoucher, à domicile, en clinique, en maternité, ou ailleurs, vous aimerez sûrement lire les conseils d’Elise pour vivre un bel accouchement. Elle les a rédigés à partir de ses lectures, de ses recherches et de sa propre expérience.

Pour Clara, accoucher en milieu hospitalier a été une expérience assez traumatique. Mais cela peut aussi être magique, comme cela a été le cas pour Stéphanie, qui a pourtant accouché dans une clinique en Biélorussie. A vous de voir, donc ! 🙂

Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,