Tiphaine vient d’accoucher de son premier enfant à Ermont dans le 95. Un accouchement physiologique sans péridurale qui s’est tellement bien passé qu’elle imagine même une reconversion professionnelle dans le secteur de la maternité… et pourquoi pas devenir doula ? Pour elle qui adore son métier à la SNCF, c’est dire que l’accouchement a été bouleversant ! Elle nous partage sa gestion des contractions utérines avec ses mots à elle, tellement sincères et émouvants que nous ne les avons qu’à peine retouchés.

*Merci de noter que la photo de couverture est une propriété de Tiphaine, et donc que vous ne pouvez pas l’utiliser sans son autorisation.*

Objectif : accouchement naturel !

« J’ai 30 ans, c’est mon premier enfant et je mesure 1,43m. Donc très petit gabarit ! Ma mère, grand mère, tante ont toutes accouché sous césarienne, donc tout le monde s’attendait à ce qu’il en soit de même pour moi. Et d’ailleurs, je m’étais conditionnée à cela aussi depuis des années. Mon gynéco m’a fait passer une échographie de croissance vers la fin de grossesse et un scanner pelvien. Effectivement, j’avais le bassin petit, mais pas anormal non plus et bébé avait un petit gabarit. Toutes les chances étaient avec moi pour un accouchement par voie basse.

Avec mon conjoint, nous sommes très portés sur le naturel, le pouvoir du corps, les bienfaits des plantes.

Recours à des techniques naturelles

Ma grossesse s’est très bien passée et j’ai décidé de me faire suivre par une naturopathe. J’ai eu des compléments alimentaires qui ont varié selon le stade de ma grossesse. J’ai suivi les cours de préparation à l’accouchement, et j’ai suivi des cours de sophrologie. Sur conseil de ma naturo : tous les soirs sur le dernier mois j’ai répété à mon bébé avant de dormir que l’on était une équipe (son papa, lui et moi) et que l’on allait y arriver. Je visualisais le succès ! Et tous les jours je buvais ma tisane de framboisier et grignottais quelques dattes. Le terme était prévu pour le 1er mars.

Jeudi 13 février, le travail commence

Comme tous les jours depuis quelque temps, j’ai des contractions utérines, mais rien d’alarmant.

23h, je pars aux toilettes, je perds du sang. Panique intérieure en moi. J’appelle la maternité, ils me disent de venir.  Le test de la poche des eaux est négatif. Le monito indique que tout va bien. C’est le bouchon muqueux que je perds. Je rentre chez moi.

Le lendemain, je contracte beaucoup, je perds toujours du sang. Le samedi mon homme part au taffe, ce jour là il travaille l’après midi. Je retourne aux toilettes. Le sang est plus rouge que les jours précédents. Et j’ai quelques contractions dans le dos, chose que je n’avais jamais eue. Une amie veut venir, je lui dis que je préfère rester seule et me reposer. Je m’endormirai même quelques heures. Au sortir de la sieste, plus de contractions. Je demande à mon chéri s’il peut se faire remplacer rapidement au cas où ça serait pour aujourd’hui. Je perds toujours un peu de sang lorsque je vais aux toilettes.

17h, j’ai ma mère au téléphone, je lui explique ce qui est en train de se passer et elle me conseille d’appeler la maternité. Je ne suis pas motivée plus que ça à le faire, mais bon… je les appelle. Ils me disent de venir, bien sûr. Dans mon fort intérieur, je me dis qu’on recommence la même mascarade que jeudi soir. Je préviens mon chéri mais lui dit de ne pas venir tout de suite. Je l’avertirai s’ils me gardent mais en attendant, une copine m’accompagne.

Les contractions utérines supervisées par papa

J’arrive là-bas vers 18h et suis prise en charge rapidement. On me fait monito et test poche des eaux qui revient négatif. La sage-femme me dit que l’on va refaire un monito dans une autre position. Et là je contracte beaucoup plus plus sans que ce soit douloureux. Pendant les monitos on rigole avec ma copine, on papote. Bref, c’est la détente. On me refait un test de la poche des eaux toujours négatif. La sage-femme en réfère au gynécologue de garde et ils décident de me garder quand même car ils ont un doute sur la poche des eaux. J’appelle mon chéri qui se libère très rapidement.

Vers 21h, on me refait un test de la poche des eaux… celui-la reviendra finalement positif. La fissure était petite et selon la position le test positif ou négatif. On m’a donc installée en chambre de pré-travail et là j’ai beaucoup de mal à imaginer que c’est pour dans quelques heures. On regarde la télé dans la chambre avec mon chéri. Lui s’assoupit.

Les contractions utérines commencent vers 1h du matin à être régulières. Je demande à ce qu’on m’examine… je suis toujours à un 1.

Puis à 4h, toujours à 1 !!! Alors que je commence à douiller !! En mon fort intérieur je me dis que l’épreuve va être intense et je doute de moi. Pour accompagner le travail, mon chéri me masse, et fait figure de coach quand je perds pieds (« inspire, expire, inspire, expire »).

Je ne quitterai pas le ballon, je marcherai dans la chambre, pendant que mon chéri mettra des musiques de bols tibétains qui me permettront de lâcher prise entre chaque contraction et même de m’assoupir.

La douche chaude pour soulager les contractions utérines

6h : je « déverrouille » vraiment, je demande à ce qu’on m’examine. Je suis à 4. Là je me dis, super, le travail avance et suis remotivée comme jamais. Le sage-femme de nuit me propose de passer en salle de naissance et de poser une péridurale vu que je suis à 4 de dilatation. Comme je refuse son offre, il me demande de prendre une douche avant d’aller en salle de naissance. J’hésite car la douleur debout est insupportable et je ne sais pas comment je vais tenir. Mon chéri insiste pour que j’y aille, il m’aide.

En fin de compte, ça a été la meilleure chose que je puisse faire. La douche était bouillante, à chaque contractions je massais le bas de mon dos avec le pommeau de douche. J’y suis restée un peu plus de 30 minutes, je crois. Un vrai moment de détente. En sortant de la douche, les contractions sont affreuses. Il faut marcher jusqu’en salle de naissance. Je me dis que le couloir va être long

Arrivée en salle de naissance, à chaque contraction mon corps pousse seul… Une sage-femme vient me voir car j’ai un rythme cardiaque trop rapide selon elle. Elle me voit avoir une contraction et s’étonne : « Mais vous poussez ! »

Gare aux contractions, bébé arrive !

Euh oui ! ça fait plusieurs contractions que mon corps pousse seul ! Elle me demande de monter sur la table d’examen. Je ne sais pas comment rester allongée car la position est insupportable. J’y arrive quand même. Et là elle dit : « Arrêtez tout, elle est à complète, mettez les étriers ! ». Et moi je fonds en larme. Je me dis que j’ai réussi.

On me demande dans quelle position je veux accoucher. Ce sera sur le côté droit, en regardant le ciel. Je me souviens avoir dit à un moment : « Oh putain ça fait troooooop mal » (cercle de feu, je pense) mais sinon chaque contraction au moment de la poussée était un soulagement du corps.

8h43, mon chouchou est né pour notre plus grand bonheur. Sans épisiotomie. Une micro-déchirure à l’entrée du vagin, c’est tout.

Tout cela pour vous dire que le plus gros du travail s’est fait en chambre de pré-travail, sans salle nature (et pourtant il y en avait une dans la mater), juste dans notre bulle avec mon chéri. On a formé une belle équipe. Je suis tellement fière ! C’est une vraie épreuve mentale.

Je me suis nourrie de témoignages, de vidéos de madame De Gasquet aussi. Et j’avais aussi cette belle image, que j’avais récupérée sur ce groupe peut-être, en tête et je me répétais : « Bouche molle, col mou ».

Un message d’amour

CROYEZ EN VOUS. On ne connaît jamais vraiment les capacités de notre propre corps. »

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N’hésitez pas à partager ce magnifique récit de Tiphaine ou partager votre propre expérience ou vos doutes en commentaire !

Vous pouvez la contacter sur son facebook en cherchant Tiphaine Seigneur.

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Découvrez aussi un récit d’AAD écrit par un papa, super attentionné et émouvant aux larmes.

Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,