Magnifique témoignage d’une maman-auteure qui a vécu une dépression post-partum avant de trouver la plus réconfortante des lumières auprès de sa fille. Aujourd’hui, c’est une maman comblée et pleine d’amour qui se livre à vous dans cette lecture courte mais intense.

Car on ne parle pas assez de la dépression du post-partum (DPP). Voici un récit intime que j’ai écrit il y a plus d’un an suite à ma DPP de 2018. Si vous êtes dans cette situation ne restez pas seule et faites-vous aider !

Je venais d’accoucher trois ou quatre jours plus tôt, cette photo est le parfait exemple de la femme cherchant la perfection dans la relation à son tout-petit. Pourtant épuisée de son voyage dans le devenir-mère. Je pensais être comblée, ma fille contre mon sein, je la nourrissais de lait et d’amour, elle était si belle à mes yeux, je comptais ses doigts et ses respirations… C’était ça, le bonheur.

Mon esprit courait à mille à l’heure, une pensée toutes les secondes, euphorique de lui avoir donnée vie, je me sentais revivre aussi. Quand je me vois dans ce lit, quand je la revois dans mes bras, je me souviens. Je suis déjà en sur-régime, je veux être parfaite. Ma fille mérite toute mon attention, je prends mes douches en 5 minutes, je ne veux pas la perdre de vue, j’ai besoin de la savoir en sécurité, près de moi. Quand elle est née, je me croyais arrivée à la fin du tunnel, j’avais déjà soulevé des montagnes et traversé tant d’ombres et de cauchemars. Je pensais que c’était fini, toutes ces larmes, cette rage, cette rancoeur. J’avais mérité le parfum des beaux jours. Enfin…

Je me disais : c’est fini. Tout va bien maintenant. Tu as eu l’accouchement que tu voulais. Tu as ce beau bébé. Sans lui mais balec je suis forte, pas besoin d’un homme pour te bercer. Et de toute façon, le pire est derrière moi.

Je voulais être une mère parfaite, puis les mois, les semaines, les jours ont fait de moi un zombie ambulant, me demandant quand le feu de l’enfer allait cesser de me brûler… Enfin… Je me disais : Je veux en finir.

Je regardais le soleil en ce mois de juin. J’avais très froid. J’étais si fatiguée. Je me sentais seule et incapable de m’occuper de ce bébé. Je faisais les cents pas, je pleurais avec toi, à 4h du matin je prenais la voiture pour tenter de t’endormir dans un dernier espoir. Tu avais mal au ventre, j’ai fini par avoir mal aussi. Je n’avais plus faim, je ne dormais plus. La force qu’il me restait passait ensuite dans la culpabilité de te laisser dormir ailleurs que dans mon lit. Pour moi aussi pouvoir dormir.

Quand je nous vois, je revois le chemin, tous ces obstacles, ces tempêtesJe t’aime. Pour tout ce que tu es et tout ce que tu m’as apporté. Tu m’as montré que j’étais forte. Bien plus forte que je n’aurai pu l’imaginer.

14 mois de nous, 14 mois de toi. Je suis passée de l’ombre à la lumière tout ce temps à chercher le soleil. ❤

Ce lundi 26.03.2018 à 9h43je suis née maman pour la première fois. « 

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Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,