Ludovic est l’heureux papa de deux petits garçons franco-finlandais nés à Tampere, en Finlande. L’aîné a 8 ans, le benjamin en a 6. Ils sont arrivés très rapidement, après dix ans de vie commune. Après avoir écouté les histoires de plein de couples d’amis qui n’arrivaient pas à avoir des enfants, ils s’étaient préparés à rencontrer des difficultés eux-aussi. A peine six mois après avoir pris la décision, le premier était déjà en route ! Une grande surprise pour le papa français et la maman finlandaise. Aujourd’hui, c’est papa qui raconte :

Maman accouche, papa s’évanouit

« L’arrivée du premier bébé n’a rien eu de perturbant puisque c’était prévu ! J’ai accompagné la maman à toutes les échographies proposées et pendant l’accouchement. Nous n’avons suivi aucun cours d’accouchement préalable.

Les différentes sage-femmes que nous avons eu lors des différentes naissances étaient très professionnelles. La sage femme me donnait des consignes et j’assistais la sage-femme dans son travail. Pendant les contractions, c’est la sage-femme qui gérait. Pendant ce temps, mon rôle fut plus d’encourager et de soutenir moralement ma compagne.

Une fois le bébé sortit, j’ai eu la tâche de couper le cordon ombilical puis de laver l’enfant tout seul, en suivant les explications de la sage-femme, qui était plus au chevet de ma compagne. J’ai a failli m’évanouir les deux fois en voyant le sang mais aussi à cause de l’émotion ! »

Après l’accouchement

« Pour ce qui est du post-partum, ma compagne allait régulièrement en gynécologie à cette période. Elle a aussi fait un retour de couches assez tardif après la naissance de notre premier enfant. Cette période a duré près d’un an. Nous pensons que cela venait de l’allaitement. Nos 2 fils ont été allaité au sein. Et quand elle partait travailler, elle me préparait des biberons au frigo.

Ça a été difficile dans le sens que les nuits s’étaient bien raccourcies pour nous deux. Il m’arrivait de me lever le nuit mais j’avoue que ma compagne était beaucoup plus aux aguets que moi dans cette tâche.

Quant aux responsabilités, elles étaient plutôt bien réparties. Nous couchons toujours les enfants à tour de rôle à titre d’exemple. »

Le système finlandais

« 6 mois après la naissance du premier, j’ai arrêté mon activité professionnelle afin de me consacrer à temps plein à mon petit (puis au suivant) alors que ma compagne reprenait son boulot.

Il y a beaucoup plus de pères en Finlande qui s’occupent quotidiennement des enfants. Le congé parental actuel de base pour un père suite à la naissance d’un enfant est de 9 semaines. Mais le nouveau gouvernement a rédigé une loi pour que celui-ci passe à 164 jours à partir de 2021. Mais il n’est pas étonnant de voir certains pères arrêter complétement leur activité professionnelle, ce qui ce fût mon cas, ou à réduire leur temps de travail en demandant un mi-temps à leurs employeurs.

Cela se voit et se ressent dans la vie de tout les jours. Par exemple, dans les parcs, ils n’est pas étonnant d’y croiser plus de pères que de mères. Pareil aux sorties des écoles. On va dire que la culture nordique n’est pas la même que la latine ou européenne. »

La construction de la paternité :

« La rencontre avec le bébé n’a pa été réellement le moment de construction de ma paternité, ça s’est fait avant la naissance en ce qui me concerne. A chaque fois que le petit donnait des coups de pied, ma compagne m’en faisait profiter en me disant où toucher pour les sentir.

Les avantages de ma décision d’être « père au foyer » (si on peut dire ainsi) sont multiples. Aussi bien pour mon enrichissement personnel que pour celui de mes enfants. Pour mes fils, je suis leur seul référent francophone ici. Donc, le fait qu’ils passaient plus de temps avec moi a fait qu’ils comprennent et parlent plutôt bien le français. Ce qui était marrant est qu’ils parlaient plus français que finnois avant d’entrer dans leurs circuits scolaires respectifs. Après, ils l’ont un peu perdu : la langue du pays reprenant le dessus. Maintenant, ils sont entièrement bilingues finnois / français (avec, en plus, de fortes notions d’anglais vu que leur maman me parle en anglais).

En ce qui me concerne, je pense que j’ai passé les plus belles années de ma vie durant leurs périodes d’apprentissage : leurs découvertes de la neige, de la pluie ; celle de la terre, de l’herbe, des fourmis. Et à l’heure actuelle, c’est leur imagination qui m’impressionne. Et cela, même si je passe un peu moins de temps avec eux du fait que j’ai repris le travail et qu’eux s’en vont régulièrement jouer avec des copains. »

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Merci au papa pour ce témoignage ! Découvrez aussi comment Lina et Tiphaine ont été accompagnées par le papa durant leur parentalité. Le premier récit est plutôt drôle, le second franchement émouvant. 🙂

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En attendant la publication de ma banque de ressources officielles, je profite de ce témoignage pour partager cet article de l’OCDE sur les congés de parentalité (Mars 2016) et ce rapport sur le congé de paternité et le développement de l’enfant (2013).

Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,