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Maryline a accouché fin juillet de son petit bébé et a demandé à son chéri d’écrire le récit de l’accouchement pour se rendre compte de comment il l’avait vécu. Réticent au début, il y a finalement pris beaucoup de plaisir : cela lui a fait du bien de pouvoir « extérioriser ». Il a même été tout heureux de lire son récit à la maman ! Alors, Messieurs, à vos crayons (c’est Maryline qui le dit !).

21 juillet 2020, 5h

Chérie…? Chérie….? CHÉRIE t’es où ? (petit réveil en semi-panique). Maman a perdu le bouchon muqueux hier soir et je me réveille : elle n’est pas dans le lit. Je me lève et je vois ta mère dans le canapé du salon.

Papa : Ça va ?

Maman : Oui, j’arrivais pas à dormir, j’ai de plus en plus de contractions douloureuses.

Papa : Ah ! Mais ça va sinon, tu gères ?

Maman : Oui , oui ça va.

Je retourne me coucher, rassuré (mon réveil sonne dans 1h30 pour aller au boulot).

6h30, le réveil sonne

Je fait mon soin, je m’habille, je déjeune (ta mère est toujours sur le canap). Je discute un peu avec maman, et elle me dit que les contractions arrivent toutes les 10 minutes environs. Dans ma tête, je me dis que ça se rapproche quand même cette histoire. Pour info, je regardais les signes astrologiques : si tu arrives aujourd’hui, tu seras Cancer, et si c’est demain ou après ce sera Lion (on apprendra plus tard que le signe Cancer dure jusqu’au 22).

Allez hop ! 7h30

je pars pour ma journée de travail…. prise d’info téléphonique quotidienne auprès de ta Maman lors de ma pause déjeuner… En gros, tout se passe toujours bien, mais les contractions, c’est toutes les 6 minutes maintenant….

Papa : Bon bah tu te reposes, Chérie, et on se voit tout à l’heure alors. Toute façon s’il y a quoi que se soit, tu m’appelles, hein ?

Maman : Oui , oui ne t’inquiètes pas. Bisous. Je t’aime.

Papa : Je t’aime, Bisous.

Je ne te cache pas que la pression commençait à monter, mais étrangement je me sentais vraiment serein. Je pense que c’est en grande partie grâce à ta mère et aussi aux quelques séances que nous avons fait avec les sages-femmes. Mais surtout grâce à ta mère. Elle est tellement sereine et confiante, c’est vraiment impressionnant. J’ai gardé mon téléphone à portée de mains toute l’après-midi néanmoins. Et j’ai commencé à balancer l’info que je ne serais probablement pas là demain car ma femme a commencé le travail (je suis super fier et j’ai hâte !!!).

16h30, c’est l’heure de rentrer à la maison.

Ce soir, j’ai pris la sage décision de ne pas entreprendre un truc foireux juste avant de débaucher (les deux jours précédents, j’ai fait tomber des palettes pleines juste avant de partir, donc j’ai dû sortir du travail plus tard pour réparer mon bazar… bref, pas ce soir). J’arrive à la maison, et je vois la voiture d’E. ( la sage-femme) qui est garée. Je rentre, salue E. et embrasse ta maman qui est également ma femme et l’amour de ma vie (c’est important que tu le saches même si tu t’en doutes déjà).

Papa : Alors ? Comment ça s’annonce ? (Je demande à E.)

E. : Tout va bien, tout est ok.

Papa : C’est pour bientôt alors ? Avec le bouchon muqueux qui est parti et les contractions ?

E. : C’est normal, je pense que c’est un pré-travail. Le bouchon muqueux, c’est ok aussi, tout est normal, après bébé peut arriver ce soir comme à la fin de la semaine. On ne s’alarme pas, on continue tranquillement comme ça. Vous m’appelez s’il y a quoi que se soit.

Papa : Ok, je t’appellerai.

E. : Je préférerais que se soit Maryline qui m’appelle car j’aimerais entendre son ressenti.

Papa : D ‘accord.

E. : Mais là c’est ok, le col est à 1 on est bien, je peux rentrer. Ça marche merci, ça veut dire que tu manges pas avec nous alors ! à plus tard.

E. part vers 17h de la maison, il me semble. Pour rappel, nous sommes toujours le 21 juillet et tu es prévu pour le 8 Août..

18h30…

Le visage serein et radieux de ta maman est étrangement en train de se transformer, et nos conversation se limitent de plus en plus à des pfffffouuuuuuuuu de ta maman, un coup sur le ballon de grossesse, un coup sur une chaise, puis re-ballon de grossesse, puis canapé puis re-ballon de grossesse, avec de temps à autre un peu de tapis de sol avec TATATA…. le ballon de grossesse !!! Et moi qui essaie de la soulager par moment en allégeant le poids du ventre. Le temps passe, TIC-TAC, TIC-TAC, mais il semble que les douleurs et les contractions ne veulent pas se calmer. Pire encore, elles s’accentuent !!!

Maman a eu l’ingénieuse idée de télécharger une application pour calculer ses contractions…Moi s’il y a bien un truc que j’ai retenu durant les cours, c’est lorsque madame aura des contraction environs toutes les 3 minutes d’une durée d’au moins 1 minute, à ce moment là il faut appeler. Euh du coup dans ma tête, il y a : 1) E. qui dit peu de temps avant : « C’est ok tout va bien » ; 2) le rappel du cours de préparation à la naissance avec le timing ; 3) l’appli qui, elle, dépasse complètement ce qu’on a vu en cours … (toutes les 3 minutes on est ok, au moins 1 minute … on tape des records !).

Papa : Euh chérie t’es sûre que ça va ?

Maman : Je crois que je vais appeler E.!!!!!!

Maman (au téléphone) : Oui c’est Maryline. Je pense que tu peux venir.

E. : Sur une échelle de 1à 10 tu es comme…

Maman : 8 !

E. : 8 ! Ok, j’arrive.

La tension monte un peu quand même, car là, ça veut dire ce que ça veut dire. Tu vas poindre le bout de ton nez dans un délai de maintenant à … très vite. Du coup c’est à mon tour de souffler …. PFFFFFFFFFF (lentement). J’ai dû aller faire un tour dans ta chambre je pense à ce moment-là. Ça me fait du bien de voir que nous sommes prêts à t’accueillir et me rappelle pourquoi ta maman est autant sereine. Et je me dis aussi qu’on va enfin découvrir le sexe de notre enfant (un petit gars ou une petite fille). La plus grande certitude qui nous avons avec ta maman c’est que peu importe que tu sois un petit choux ou une petite fleur, nous t’aimerons avec tout notre amour, à l’infini.

Pendant que je tape ces lignes, je me rappelle les massages que nous te faisions après la douche de maman. C’était notre rituel. Une fois nous étions chez grand-mère, et nous avions oublié ce petit rituel… visiblement toi non car tu as mis plein de coups de pied à maman pour qu’elle comprenne et qu’elle me fasse un rappel. Je m’égare…

Maman : Chéri, tu peux enlever la pendule s’il te plaît.

Je crois que ta mère se met dans sa bulle, ça-y-est ! Elle recommence ses navettes entre ballon de grossesse et lit. Elle met quelques musiques soigneusement choisies pour ton arrivée (Somewhere over the rainbow de IZ, et quelques autres que tu auras largement le temps d’écouter et ré-écouter, crois-moi !), tout ça entrecoupé de ce délicat pfffffouuuuuuuuu.

Le gonflage de piscine

J’entreprends la délicate mission de gonfler la piscine : piscine en place sur le sol ; gonfleur à disposition et prêt à l’emploi ! Ok, je me lance. Je mets l’embout du gonfleur dans le trou de la piscine prévu à cet effet. Je l’enfonce bien pour ne pas qu’il parte durant le gonflage. Allez, c’est parti ! Et 1, 2, 1, 2, 1, 2 tout ça en rythme et bien équilibré pour que ce soit réglé rapidement 1, 2, 1, 2, …

C’est bon j’ai attrapé une sacré suée mais j’ai réussi, pfffffou ! Oui, pour info il fait chaud, c’est l’été ! Il fait chauuud ! Je n’ai plus qu’à enlever l’embout de la pompe et…PPpsSSspSSsSpffffffff !!!! Ohhh non, j’ai presque été bon. Il paraît qu’on apprend de ses erreurs… du coup, bien vérifier que l’embout utilisé et installé peut être retiré sans tout dégonfler. Et bien sûr, ne pas forcer comme un bourrin non plus. J’ai bien appris de mon erreur,… même si j’ai dû recommencer l’opération gonflage de piscine et avoir encore plus chaud par la suite. Oui, tu verras que ton papa a le goût de l’aventure et des péripéties !!! (Ironie, ou pas )

Retour de la sage-femme E.

Alors il faut que tu saches que désormais le temps n’as plus aucune notion pour moi, je me fie au dehors, et dehors eh bien le soleil se couche de plus en plus… E. ARRIVE !!!! Nous voilà rassurés, ça signifie qu’on se rapproche de toi mon cœur ! Examen de maman par E.

– C’est bien , tu travailles super bien Maryline, vraiment tu as fait un super travail toute seule. Tu es passée à 3 en ouverture de col.

Bon, là, en terme de temps, ce qui est sûr c’est qu’il fait nuit ! Ta maman reste pas mal sur le lit à souffler et à endurer les contractions. Moi et bien je suis présent, c’est dingue ce sentiment d’impuissance qui apparaît quand on est juste là et que l’on ne peut rien faire d’autre… alors si, je fais des choses comme changer le gant de toilettes d’eau froide pour rafraîchir ta maman, la prendre dans mes bras et essayer de la réconforter, lui apporter tout ce qu’elle veut à n’importe quel prix.

Je me dis que n’importe quel souverain rêverait d’avoir un assistant qui peut faire n’importe quoi pour lui. En tout cas durant ces longues heures, je mettais tout en œuvre pour satisfaire ta mère et la laisser au maximum dans sa sphère de concentration. Je me souviens aussi que je faisais les inspirations et les expirations avec ta maman, en rythme, j’avais le sentiment de l’aider dans son travail. Et je me dis que ça me faisait peut être du bien à moi aussi.

Les alaises

– Romain, tu pourras me sortir les alaises s’il te plaît.

– Euh c’est à dire qu’on n’a pas d’alaise…

– Quoi?

– Et bien en fait on devait les recevoir « genre » demain…

– Ah mince. Bon je vais voir avec P. (l’autre sage femme). Sors moi des serviettes et des sacs poubelles en attendant s’il te plaît.

– D’accord

La mission de Papa

Maman me demande si elle peut aller dans l’eau. Je vais donc voir E. pour la prévenir et je commence à remplir la piscine d’eau chaude pendant que maman poursuit son travail. La piscine est presque fini de se remplir elle va pouvoir y aller, je pense. Je rajoute de l’eau froide pour trouver la bonne température pour Madame. Enfin c’est ce que je pensais faire initialement…

Il faut savoir que le ballon d’eau chaude, il fait 150L, que maman a déjà pris une petite douche, papa aussi (je me demande même si je n’ai pas fait un brin de vaisselle…). Du coup eh bien dans le tuyau censé amener de l’eau chaude dans la piscine, il y a de l’eau froide. La je me dis que c’est vraiment la galère. Et bien mon petit cœur sache que c’est peut être ce qui est arrivé de mieux durant cette soirée ! Une mission ! j’avais une mission à effectuer. Mon objectif était simple et ardu à la fois : augmenter la température de l’eau pour que ta mère puisse venir et veiller à la conserver. Rien de tel pour s’occuper l’esprit ! Accomplir une tâche pour le bien-être de ma bien-aimée.

Me voilà donc engagé dans les grosse gamelles, le gaz et la bouilloire, et je peux te dire que ce n’est pas de tout repos. Mais après un dur labeur et un travail constant j’ai pu ramener l’eau à température pour que ta mère poursuive son travail dans un nouveau lieu, LA PISCINE D’ACCOUCHEMENT.

Ta Maman, la plus forte du monde !

Ta Maman souffre vraiment de plus en plus et c’est vraiment pas simple pour moi quand tu sais à quel point notre amour avec ta mère est fusionnel, j’aurais vraiment tout donné pour souffrir à sa place. L’empathie dans ces moments-là, ça fait mal. Mais je sais que Ma femme est la plus forte du monde. Je sais aussi que cela fait parti du processus de l’accouchement donc patience patience. E. re-mesure le col… 7…7 non mais on était à 3 et là 7,.. quel boulot accompli ! D’ailleurs je me demande quelle est la part de ton travail la-dedans… tu pousses ou c’est juste l’utérus qui fait son boulot ?

Quoi qu’il en soit, il est temps de sortir de l’eau car ça stagne un peu et Maman a besoin de changer de position pour faire avancer les choses. Direction le lit à nouveau. Ça me rappelle à quel point ta maman ne supportait pas quand E. mettait son appareil pour écouter les battements de ton cœur surtout lors des contractions ça lui procurait des douleurs indescriptibles (j’ai oublié le nom donc se sera un poutomètre. Tu verras on aime bien inventer des mots avec ta mère, il y a de forte chance que tu fasses de même.)

Je crois que les douleurs étaient encore pire quand elle mettait des doigts pour vérifier le col… vraiment chaud chaud. De nouveau dans le lit pour poursuivre le travail… patience , contraction,…et puis TADA ! La poche des eaux ! Sur le lit…. enfin sur les « serviettes » qui à peu près protègent le lit. Bah oui Pascale n’est pas encore arrivée donc nous n’avons bien évidemment toujours pas les alaises. Les douleurs de ta maman reprennent de plus belle avec les contractions.

A ma grande surprise je découvre que ta wonder maman parvient à s’endormir entre 2 contractions… vraiment incroyable. Alors que c’est la guerre totale, maman arrive à reprendre des force et se reposer entre chaque contractions en faisant des mini-micro-siestes. Chapeau l’artiste ! P. arrive. Il est une certaine heure entre la nuit totale et le lever de soleil… En tout cas si P. arrive ça veut aussi dire que les alaises arrivent et c’est plutôt une bonne nouvelle (surtout pour le lit en fait). Elle arrive à pas de loup et se pose tranquillement en répondant aux besoins d’E. Elle me fait un petit coucou et me demande comment ça se passe pour moi (c’est vraiment important à ce moment d’avoir une tierce personne à qui parler un peu, ça apaise, décharge et rassure quant aux éventuel questions).

Ça commence à me brasser un peu dans l’estomac…

je me dis que l’expression « avoir les chiasses » va prendre tout son sens… Mais visiblement non c’est pas pour maintenant , je crois que j’ai plus besoin de souffler qu’autre chose (malgré un petit mal au bidou ). Petite anecdote : durant les contractions de plus en plus douloureuses que ta mère a pu avoir, je lui donnais régulièrement mes mains pour qu’elle puisse les serrer. Bon et bien elle s’y est appliquée. Je pense que c’est de ma faute maintenant que j’y pense,… à ce moment là, j’ai pas dû gérer le don de main… j’ai fait un don partiel.

C’est à dire que j’ai donné plus les doigts que la main en elle même , et peut être que je pourrais dire les 2 doigts plutôt que la main. Comme tu vas t’en apercevoir , ta mère et moi sommes mariés, ce qui implique que nous avons chacun une alliance sur l’auriculaire de la main gauche… Bon et bien auriculaire et majeur + alliance + contraction de maman = Une énorme douleur que je ne saurais décrire, car oui j’ai gardé sous silence cette douleur durant l’accouchement et j’ai juste laisser une larme perler le long de ma joue. Je ne pouvais indéniablement pas me plaindre quand je voyais l’état de mère durant ce moment.

J’AI ENVIE DE FAIRE CACAAAAA!!!!!

Entre deux séries de Aie Aie aie, ça fait mal et quelques expirations, ta mère nous a sorti cette somptueuse et délicate phrase. OUI OUI je te jure que c’est vrai !!! Dans la foulée de ce cri d’agonie, E. arrive et annonce distinctement « c’est bébé qui arrive ». J’ai appris plus tard que ce moment de l’accouchement se nomme le cercle de feu (enfin je crois). Désormais à chaque nouvelle contraction la sage femme vient dans la chambre et observe comment le travail progresse. Nouveau changement de place. Maintenant on a essayé le TABOURET D’ACCOUCHEMENT ! Tu ne devrais plus tarder… E. mesure le col de maman qui est désormais à 9. Maman sur le tabouret (un petit tabouret avec un trou pour que les nouveau-né puissent passer), et moi derrière sur une chaise pour la soutenir. Entre chaque contraction et la merveille qui va bientôt arriver.

C’est très dur mais ça progresse. Le travail a vraiment bien avancé. Maman retourne épuisée sur le lit. Col ouvert à 10 ! Tu commences à bien descendre et E. mesure régulièrement ton pouls avec le poutomètre pour vérifier que tout se passe bien. Tu descends, tu descends, et ton pouls baisse un peu ce qui alarme un peu E. Elle me glisse discrètement « tu vas mettre les affaires dans la voiture et l’avancer devant la maison ». Je lui répond un « d’accord » très sereinement.

La mission voiture

A ce moment là j’ai vraiment commencé à paniquer et à m’inquiéter. Je peux te dire que dans ma tête j’ai fait le 100 mètres encore plus rapidement que Usain Bolt, et j’ai même eu le temps de faire trois fois le tour de la Terre !! Néanmoins je m’exécute sans piper mot. Je suis paré à faire tout ce qui sera nécessaire pour la vie de ma femme et de mon enfant à naître ! Affaire transférées dans la voiture OK ! Je démarre la voiture ! ah bah non… C’est quoi cette merde ! (je découvrirais plus tard que la batterie était HS).

Je souffle, souffle, souffle et calme. Souffle, souffle souffle et un peu pas trop calme. Bon de toute façon j’ai pas le temps. Je réfléchis,… ah c’est bon on a 2 voitures, je transfers tout dans la seconde, et puis pour le siège auto et bien je me débrouillerai plus tard c’est pas la priorité si on doit aller à l’hôpital (ton siège-auto est isofix et ne s’adapte que sur la clio car l’autre voiture est trop ancienne). Je reviens un peu paniqué mais l’air serein (en tout cas j’imaginais ressembler à cette contradiction).

Je glisse à E que je n’ai plus de batterie et que j’ai dû transférer les affaires dans l’autre voiture (que j’ai oublié d’avancer devant la porte d’entrée). Du coup je retourne dehors pour avancer la voiture. Me revoilà ! E. me dit que tout est ok, il ne faut pas s’inquiéter c’est juste au cas où. Maryline travaille vraiment bien. La j’avais quand même besoin de souffler un peu et pour le coup j’ai pu en discuter avec P qui me rassurait aux besoin. Je reviens voir ta maman pour la réconforter et l‘épauler, et après une énième utilisation du poutomètre, E. dit à Maman :

E. : Aller maintenant on va se lever pour aller sur le tabouret.

Maman : Non, ça fait trop mal je peux pas

E. : Si , si , si je sais que c’est pas cool, mais là, c’est important Maryline c’est pour ton bébé, il faut se lever. Regarde ton homme va t’aider et ça va aller.

Je m’exécute. La je comprends bien au ton de notre sage-femme que ce n’était pas de la négociation ou de l’apaisement, mais bien de l’urgence vitale. C’est très dur pour ta maman à ce moment la. Nous attendons la fin de sa contraction et ACTION. Comme un chef, je prends fermement ta mère par les épaules pour ne pas qu’elle tombe assommée de la fatigue, mais quand même délicatement pour ne pas lui faire mal. Manœuvre exécutée en quelques secondes avec les félicitations d’E. Voilà ta Maman à nouveau sur le tabouret d’accouchement. Précisément à l’endroit qui semble être le dernier avant ton arrivée. Nous y sommes, c’est la dernière ligne droite ! Je suis assis derrière ta mère qui, elle, est sur le tabouret. Je la soutiens au maximum à chaque contraction et souffle avec pour l’aider autant que je peux.

« Vas-y ma chérie ; je crois en toi ; je suis super fier de toi et de nous ; tu vas y arriver ; je suis avec toi ; je t’aime ; on va bientôt voir notre enfant mon cœur, courage, souffle souffle souffle; allez mon cœur ; oui c’est super continue comme ça tu es génial ; je t’aime. »

Le ventre de Papa travaille aussi (la suite)

Alors je ne sais plus si c’est avant ou après que tu laisses entrevoir tes cheveux, mais tu te rappelles un peu plus haut quand je parlais de l’expression « avoir les chiasses » … Bon et bien je pense que ta maman a dû me maudire à ce moment précis, mais à ce moment précis justement, j’ai vraiment eu besoin d’aller aux toilettes pour que cette expression prenne sens. Les sages-femmes sont restées super sereines. « On attend la fin de la contraction et tu y vas, ok ». Merci, merci merci ! C’était ma façon à moi de tout évacuer avant que tu arrives, pas très glam certes, mais j’ai pu souffler et revenir armé comme jamais (je passe les détails).

Cet épisode clôt, je reprends ma place derrière ta maman prêt à gravir la montagne du destin. Ta Maman poursuit son formidable travail et tu continues à descendre, elle t’a touché les cheveux, elle t’a senti. Je n’en peux plus les larmes commencent à monter de mon coté mais je me retiens au maximum car tu n’es pas encore là.

« Allée ma chérie bébé arrive, encore un effort courage mon cœur. On va bientôt connaître son sexe ma chérie. »

Entre temps, E me demande si je veux voir et pour tout te dire je préfère continuer de gravir la montagne derrière ta mère

« Bébé arrive, allez ma chérie un dernière effort! »Je sens que se sont les dernières poussées avant la délivrance. La délivrance de te voir, et la délivrance de voir ta mère qui ne souffre plus. Nous y sommes presque. La dernière poussée,… et notre bébé arrive. Je fonds en larme en serrant ta mère dans mes bras. Je suis tellement ému et heureux. La plus belle chose qui puisse arriver à une personne vient de m’arriver. Je suis Papa, nous formons notre propre famille. Nous sommes UN. Je t’aime, Je t’aime Je t’aime encore et encore à l’infini et à jamais.

Lorsque tu nais, ta maman nous sort « c’est une fille », personne n’a pu voir le sexe… Tu es dans les bras d’ E. quelques secondes, tu craches un peu de liquide amniotique et tu émets un petit pleur. Et puis te voilà dans les bras de Maman qui est dans les bras de papa. Nous ne connaissons toujours pas ton sexe, Maman te prend dans ses bras et te regarde. Nous sommes tellement fiers et heureux.

« C’est une fille ! », s’exclame ta maman. Nous pleurons de joie et d’amour. C’est une fille. C’est notre petite Aimée.

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Merci au papa pour ce magnifique témoignage, félicitations à la maman et bienvenue, Aimée, dans ta famille si unie !

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Découvrez aussi le récit de ce papa expatrié en Finlande et qui partage son expérience du congé paternité ou encore ce récit d’accouchement non assisté (ANA) par Azalée, tellement encourageant avec de très belles illustrations !

Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,