Rencontre avec Léa*, toute nouvelle maman expatriée en Angleterre à Oxford. Allaitement, suivi post-partum, et congé de parentalité sont seulement trois des thèmes importants qu’elle aborde dans son récit plutôt complet sur le système anglosaxon.

Je m’appelle Léa, j’ai 32 ans. Après avoir vécu à Lyon et y avoir rencontré mon amoureux (lui aussi français), nous sommes partis nous installer à Oxford en 2018, suite à une offre d’emploi qu’on lui a proposée.
Je travaille pour un groupe d’écoles de langues qui propose des séjours linguistiques. C’est un poste en lien avec les étudiants, assez diversifié entre communication, vente, inscriptions, etc. J’ai arrêté de travailler en mars 2020 avec le confinement et je ne prévois de retourner au travail qu’en mars 2021. J’ai le droit de m’absenter du travail pendant 1 an à partir du début de mon congé maternité.

Le projet bébé

Le projet bébé s’est concrétisé quand nous avons été bien installés à Oxford. Avec deux boulots stables et un cadre de vie propice à la vie familiale, nous nous sentions prêts nous lancer dans l’aventure parentale ! Je suis tombée enceinte très vite, en octobre dernier.

La grossesse en Angleterre

Je redoutais assez une grossesse au Royaume-Uni, la mauvaise réputation du système de santé n’aidant pas… tout est très minimisé. Par exemple j’ai pu avoir une ordonnance d’antibiotiques pour une infection sans avoir été auscultée par mon médecin, juste par téléphone. La grossesse ici n’est pas considérée comme une maladie. Si tout va bien au niveau santé pour la mère, on nous laisse assez tranquille.

J’ai été suivie alternativement par mon médecin traitant et une sage-femme attitrée, qui a des permanences au sein du centre médical. Mon premier RDV avec le médecin a été à 6 semaines de grossesse, et avec la sage femme deux semaines plus tard. Lors du premier RDV, elle pose un certain nombre de questions concernant la santé de la mère, du père, l’hygiène de vie, nos conditions matérielles, l’existence d’une relation saine entre les parents. Par exemple : « Vous sentez-vous en sécurité avec votre conjoint ? », « Avez-vous accès librement à votre argent ? », etc. C’est pour déterminer si la grossesse est à risque ou pas.

En vrac, quelques informations :

Ma fille est née 10 heures après le début du déclenchement, en bonne santé ! Quand elle est arrivée, j’étais super détendue mais exténuée donc un peu à côté de la plaque. J’ai pu faire du peau à peau et la première tétée directement, papa a coupé le cordon (clampage tardif) et fait du peau à peau un bon moment avec elle également. Mon compagnon m’a énormément soutenue et encouragée ! La sage femme qui nous a accompagnés est restée toute la journée avec nous, elle m’était entièrement
consacrée, ce que j’ai trouvé rassurant.

Allaitement

Le pays encourage fortement l’allaitement. Il y a de très bonnes associations de soutien, des permanences de La Leche League à la maternité, etc. J’ai reçu des prospectus d’information (notamment « Off to the best start », de l’Unicef) et de nombreux liens et associations auxquels me référer. J’ai suivi un atelier allaitement virtuel, avec un groupe de soutien d’Oxford qui travaille en partenariat avec la maternité. En cas de questions, j’ai 3 ou 4 numéros de téléphone que je peux appeler. En ce sens, je me sens épaulée si besoin. Je regarde quelques vidéos youtube également. Je suis sur des groupes facebook ; « L’allaitement tout un art » et « La Leche League France ». je suis aussi sur des groupes facebook locaux. Beaucoup de témoignages et de questions répondues, qui rassurent pas mal !

Suivi post partum

Il est possible de sortir de la maternité 6 heures après l’accouchement si tout s’est bien passé. Le durée de séjour est minimisée au possible et le suivi à domicile privilégié.
Personnellement, je voulais que l’allaitement soit bien mis en place. Je suis donc restée 3 jours entiers pour être en observation. En plus, mon bébé a eu un début de jaunisse qu’il fallait surveiller.
Une fois sortie de la maternité, il y a un suivi avec les sages femmes à J+1 après la sortie, ainsi qu’aux 5 et 10 jours de bébé. Ensuite, c’est un/une Health Visitor (infirmière spécialisée) qui prend le relai pour 1 an. Ce spécialiste est là pour répondre à toutes les questions que peuvent avoir les parents. Ces questions peuvent concerner la santé physique et mentale de la maman et du papa, l’allaitement, etc. Le Health Visitor s’assure également que bébé grandisse dans un foyer sécurisé (sensibilisation à la MSN, bébé secoué etc.). Elle surveille aussi que les parents prennent bien les premiers RDV médicaux et RDV vaccins.

Les suites de couches

J’avais pas mal lu sur les suites de couches donc je me suis sentie préparée. J’ai lu quelques infos sur « le mois d’or », le quatrième trimestre… je savais qu’il fallait me ménager et en faire le moins possible en dehors de pouponner ! Physiquement j’ai très vite récupéré. J’ai eu quelques épisodes de larmes et lassitude / sentiment d’être désemparée certaines fin de journée mais j’ai plutôt mis ça sur le compte de la fatigue que j’avais grandement accumulée.

Le congé maternité :

Au Royaume-Uni j’ai droit à 6 semaines de Maternity Leave (congé maternité), qui commencent à la date de mon choix ou automatiquement à partir du moment où je ne peux plus venir au travail à cause de la grossesse, puis 39 semaines de Maternity Pay (congé parental). 6 semaines c’est très peu si on veut s’arrêter souffler un peu avant le
terme, j’avais donc pris 1 mois de vacances avant ma date de terme pour me reposer, mais avec le confinement j’ai eu bien plus !

(Est-ce que je suis la seule à craquer pour la petite main de ce petit bébé ?)

Et Papa dans tout ça ?

Mon compagnon a pris deux semaines de congé paternité et deux semaines de vacances et a géré toute l’intendance de la maison, les courses, les repas, etc. : je me sens très épaulée ! Le plus difficile est de ne pas pouvoir voir ma famille et amis avant de longs mois, à cause des mesures de quarantaine mises en place entre le Royaume-Uni et la France.

Une dernière remarque ?

Ce que j’aurais aimé savoir, c’est à quel point les bébés peuvent être demandeurs physiquement : ma fille n’a pas quitté nos bras ses deux premières semaines, même pour dormir, c’était intense et je n’étais pas du tout préparée à ça.
Ensuite on se renseigne à droite à gauche et au jour le jour pour gérer les crises de larmes, les petits symptômes, etc…
Mon conseil pour une grossesse et maternité à l’étranger loin des cercles familiaux et amicaux, c’est de ne pas hésiter à trouver soutien et aide sur les réseaux de mamans en ligne.
Internet est une mine d’informations contradictoires et anxiogènes pour les parents mais en allant sur des sites fiables on peut avoir une grossesse plus sereine !

*Le prénom a été changé à la demande de la maman ! Merci à elle d’avoir partagé toutes ces informations qui seront fort utiles à de futures expatriées en Angleterre !

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Vous allez accoucher et bébé n’est toujours pas en position tête en bas ? rassurez-vous en lisant ce court récit rassurant de Morgane sur la position de bébé.

Rédigé par

Ele

Diplomée d'un MSc en développement mondial décerné par l'Université de Copenhague, féministe, engagée dans la lutte contre les inégalités, traductrice freelance et rédactrice de contenu Web, copywriter, jeune maman d'un bébé franco-bolivien,